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Société

Femme de la semaine : Annelise Hesme actrice et femme engagée auprès des réfugiés syriens

par Natacha Couvillers le 5 octobre 2017
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Annelise Hesme est actrice, maman et citoyenne du monde. Connue du petit écran pour son rôle dans la série hospitalière Nina, la comédienne s’est aussi engagée auprès de l’Union Européenne et de son programme ESSN en tant qu’ambassadrice française. Ce programme offre la possibilité aux réfugiés syriens de Turquie (3 millions) de bénéficier d’une carte prépayée pour subvenir à leurs besoins. Elle nous a fait part de sa rencontre avec Kalistan et sa famille, réfugiés depuis 3 ans à Istanb

C’est en regardant un reportage sur le trafic d’organes des réfugiés qui fuient Alep, en Syrie, que l’actrice Annelise Hesme a été choquée du choix des mots employés par certains médias qui confondent “migrants” et “réfugiés”. Contactée quelques temps plus tard par le Programme alimentaire mondial, l’actrice a décidé de s'engager pour la cause des réfugiés syriens en intégrant en tant qu’ambassadrice française le programme ESSN (Filet de sécurité sociale d’urgence). C’est grâce au partenariat de l’Union européenne et de la Turquie que le Programme alimentaire mondial et le Croissant-Rouge turc ont pu le mettre en place.
Les 348 millions de dollars de dons profitent aux familles syriennes les plus vulnérables. Chaque mois, la carte prépayée leur permet de dépenser 25 euros. Annelise Hesme est partie à la rencontre de Kalistan et sa famille, réfugiés syriens à Istanbul.

Qu’est ce qui vous a le plus marqué après votre rencontre avec Kalistan et sa famille ?
On sent l’horreur et la brutalité qu’ils portent encore sur eux, mais aussi la volonté de reconstruire. Ils se sentent soutenus grâce à ce programme. Quand je faisais la cuisine avec Kalistan, elle m’a dit “je me sens bénie”. On sent du courage et de la détermination, ils veulent offrir une continuité à leurs enfants. Ils gardent espoir et ce programme de l’Union européenne leur permet de maîtriser un peu plus leur vie. Kalistan et son mari sont forts pour leurs cinq enfants, la plus petite a seulement quelques mois.

C’était la première fois que vous alliez en Turquie ?
Oui, et j’y suis seulement restée trois jours. J’ai rencontré la famille de Kalistan la journée et suis repartie le lendemain matin. Le peuple turc est un peuple à deux vitesses, entre espoir et désespoir.

Cela fait trois ans que la famille est en Turquie, comment vivent-ils le quotidien ?
Kalistan reste à la maison et s’occupe des enfants car seule la plus grande des cinq, la plus douée, va à l’école, elle parcourt des kilomètres à pieds pour suivre les cours. Le fils travaille avec son père, mais parfois il n’est pas payé car certains employeurs turcs les exploitent. Tout comme leur propriétaire ! Quand on voit autant d’exploitation de la misère et de la vulnérabilité par les autres, c’est révoltant. Ils vivent l’injustice. Un de leurs enfants me disait qu’il regrettait énormément de ne plus pouvoir suivre des cours d’anglais qu’il avait commencé en Syrie.

N’y a-t-il pas de dérives avec cette carte prépayée ESSN ?
Le programme surveille de près le fonctionnement. Des recherches poussées sont faites en amont pour accorder ou non cette aide financière d’urgence et de nombreuses personnes rendent régulièrement des visites aux bénéficiaires. Il y a un véritable suivi.

Comment s'opère le financement à long terme de ce programme?
L’engagement de l’Union Européen dans ce programme est prévu jusqu’à la fin de l’année 2018. A ce jour, 170 000 familles en ont déjà bénéficié sur les trois millions de réfugiés syriens qui se trouvent en Turquie.

Comment est-ce que vous sensibilisez vos proches sur la question des réfugiés ?
Je ne sais plus qui a dit “Sois le changement que tu veux voir dans le monde” mais j’y crois profondément. Mon fils Paul (15 ans) était inquiet à l’idée que je fasse ce voyage mais il a compris et je suis prête à repartir ! Il faut créer un cercle vertueux avec ses proches sur cette question des réfugiés.

Voir aussi : Les stars humanitaires

Les stars humanitaires © Getty

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