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© Capture d'écran Youtube / Collectif Féministe Contre le Viol
Société

Une nouvelle campagne poignante pour le numéro d'écoute des victimes de viol

par Violette Salle le 8 novembre 2016
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Le 25 novembre prochain se tiendra la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Pour l'occasion, le Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV) lancera une nouvelle campagne de sensibilisation dès le 15 novembre. Le but, dénoncer ce crime, mais surtout, faire connaître les dispositifs mis en place pour que les victimes puissent parler.

Non, les femmes ne sont pas responsables si elles ont été violées. Non, elles ne doivent pas avoir honte, ou peur de la réaction de leur entourage. Non, les femmes ne doivent pas garder le silence. Oui, elles ont été victimes d'un viol et oui, elles ont besoin de parler à des professionnels. "C'est compliqué de parler de viol, c'est pas propre, c'est pas joli, c'est intime" explique Docteur Dominique Piet, Présidente du Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV). Pour dénoncer cette pratique qui fait plus de 84 000 victimes chez les femmes adulte en France tous les ans, et 250 000 victimes tous âges et sexes confondus, le CFCV a lancé une nouvelle campagne de sensibilisation, à l'occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes (le 25 novembre).

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Le message que transmet la vidéo, et le collectif, est la difficulté pour les femmes à trouver un bon interlocuteur. Souvent, les victimes de viol se tournent vers Internet et les forums, afin de trouver du réconfort, des réponses. "Sur le net, les femmes vont être entendues, mais elles sont souvent très mal reçues. Elles sont jugées, mais les victimes parlent sans transparence. Il en ressort une réalité brute", constate la Présidente. Sauf que généralement, les victimes se heurtent à des barrières, des phrases accusatrices telles que : "Tu es sûre que c'est un viol ?". Les forums mettent l'accent sur la banalité du viol, et amènent la victime à se poser des questions sur leur propre rôle dans cette histoire "Sauf que personne ne va raconter qu'il a été violé si ce n'est pas vrai", dénonce le Docteur Gilles Azimi, coordinateur de la campagne.
Systématiquement jugées co-responsables, les victimes n'arrivent pas à expliquer leur histoire, et ne reçoivent au final, aucun soutien. "Le viol peut provoquer des cauchemars pendant des années. Grâce au collectif, même 20 ans après, nous écoutons les victimes, nous les croyons et nous ne les jugeons pas", ajoute Dominique Piet.

Le numéro national de Viols Femmes Informations reçoit 7 000 appels par jour. "Alors que 84 000 femmes sont victimes d'un viol en France chaque année", rappelle la Présidente. Elle insiste sur le fait que les victimes doivent comprendre qu'un piège a été mis en place, et qu'elles ne sont absolument pas responsables. "Ce n'est pas la femme le problème, c'est l'agresseur. Rien qu'avec l'accompagnement, la parole et la réparation judiciaire, une femme peut tenter de se reconstruire", renseigne-t-elle.

Le 15 novembre prochain, sera donc lancée à la télévision cette nouvelle campagne de sensibilisation du CFCV. Ce clip de 30 secondes sera relayé par toutes les chaînes mais sera également disponible en version longue, sur Internet.

Nouvelle campagne de sensibilisation contre le viol © Capture d'écran Youtube / Collectif Féministe Contre le Viol

Comment faire valoir ses droits ?

Dans 90% des cas, les victimes de viol connaissent leur agresseur, et seulement 21% d'entres elles ont le courage de porter plainte (INSEE). Vous devez prévenir la gendarmerie, et après un examen médical, vous déposerez plainte. Le passage le plus difficile sera celui où vous devrez faire le récit complet de l'agression. Mais les détails sont très importants car ils serviront de base pour appréhender le violeur. Vous n'êtes pas obligée de répondre à des questions sur votre vie privée ou sexuelle, si elles n'ont pas de rapport avec les faits. La procédure entre l'enquête, l'instruction, le procès et le jugement est longue et douloureuse, ne baissez pas les bras. Vous êtes dans votre droit et vous êtes une victime.
"Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol", selon les Articles 222-23 à 26 du Code Pénal. Il y a aussi les circonstances aggravantes : lorsque le viol a été commis avec de la violence ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, lorsqu'il a été commis sur un mineur(e) de moins de 15 ans, sur une personne vulnérable, par une personne légitime (famille), lorsqu'il y a eu abus d'autorité (médecin, enseignant ...), s'il y a eu usage d'une arme, lorsqu'il y a eu des tortures, des actes de barbarie, ou s'il a été commis en raison de l'orientation sexuelle de la victime.

Les victimes ont 10 ans pour porter plainte, et les mineures ont 20 ans à compter de leur majorité (jusqu'à la veille de leur 38 ans).

Au collectif, 8 professionnels sont à l'écoute de toutes les victimes d'un viol. Les appels sont anonymes et gratuits. Vous pouvez les joindre du lundi au vendredi, de 10 heures à 19 heures : 0 800 05 95 95

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