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Société

Sweatshop : Des blogueurs mode découvrent la dure réalité des usines textile (Vidéo)

Laure Gautherin
par Laure Gautherin le 21 janvier 2015
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Trois jeunes Norvégiens ont participé à un web-documentaire les plongeant en immersion totale dans le quotidien d'ouvriers cambodgiens fabriquant les vêtements qu'ils achètent dans les grandes enseignes. Une expérience traumatisante.

Ils dépensent des dizaines, voire des centaines, d'euros pour des vêtements qui ne rapportent que quelques centimes à peine par les ouvriers qui les ont cousus. Pour leur faire prendre conscience des insoutenables conditions de travail et de vie de ces derniers, le journal norvégien Aftenposten a réalisé un web-documentaire en plusieurs épisodes intitulé Sweatshop - Dead Cheap Fashion dans lequel il a plongé des grands consommateurs (Anniken Jorgensen, une blogueuse mode influente et Frida Ottesen et Ludvig Hambro, deux accros au shopping) dans le véritable monde des usines textile en les envoyant partager le quotidien des employés d'une fabrique de Phnom Penh, au Cambodge, là même où sont conçues des pièces de leurs marques de prêt-à-porter bon marché favorites.

Sur place, pendant un mois, les 3 jeunes Norvégiens ne sont pas épargnés. Levés à l'aube après avoir dormi dans des pièces minuscules sur des matelas de fortune, ils ont enchaîné leurs 8h de travail comme tous les ouvriers, assommés par le bruit assourdissant et continu des machines à coudre et la chaleur infernale régnant dans l'atelier. Le tout, pour seulement quelques centimes par jour, un salaire insuffisant pour s'assurer de quoi manger. Rapidement, ils craquent. "J'ai cousu des habits pendant 8 heures. J'ai gagné quatre dollars. Nous sommes des enfants gâtés. J'ai honte", écrit ainsi sur son compte Instagram Anniken qui confie, en larmes dans l'une des vidéos, "ça n'est pas une vie".

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Une immersion utile ?

Cette aventure qui était censée changer leur vie et leur vision de la mode a eu lieu en janvier dernier et les reportages ont été diffusés en avril 2014 avant d'être publiés en intégralité et sous-titrés en anglais sur le site du quotidien en novembre. Cependant, force est de constater que si les trois Norvégiens ont effectivement été traumatisés par l'expérience, et ont évoqué leur détresse et leur colère sur les réseaux sociaux, leur engagement pour la cause des ouvriers, a été de courte durée, comme le note L'Express. Dès leur besogne finie, les deux jeunes femmes se sont détendues dans un luxueux hôtel avant de jouer les touristes au Cambodge puis de revenir à leurs activités, leurs selfies et leurs courses au shopping.

​En octobre, Frida et Anniken ont toutefois fait le déplacement pour rencontrer les dirigeants du géant suédois H&M "avec des preuves" pour assurer des conditions de travail décentes aux employés des usines. "Quel impact auront mes mots face à une organisation si puissante ? Puis-je changer les choses ?", se demandait alors la jeune Frida. "Ces personnes gagnent des millions, ont une villa, une piscine et un yacht alors que leurs ouvriers n'ont même pas un lit pour dormir". Mais toutes ces questions restent en suspens puisqu'il n'y a eu aucun retour de ce fameux entretien, ni sur les réseaux sociaux, ni sur le blog d'Anniken.

Frida, Anniken et Ludvig © Instagram

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