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Société

Harcelée pendant son jogging, elle dénonce son harceleur sur Twitter d'une manière géniale

par Violette Salle le 22 février 2017

Le harcèlement de rue est une forme d'agression que subissent quotidiennement les femmes et la journaliste féministe Marine Périn n'y a pas échappé. Mais plutôt que d'avoir peur de prendre la parole, elle a dénoncé son agresseur dans une série de tweets effrayants.

Quelle femme n'a jamais été harcelée dans la rue ? Qui n'a jamais entendu des remarques telles que : "Hey mademoiselle t'as pas un 06 ?", des sifflements ou d'autres phrases bien répugnantes comme : "T'es bonne", "Tu suces ?" ou "Hey toi, tu veux pas coucher avec moi ?". Dans la rue, 65% des femmes commencent à être harcelées avant l'âge de 15 ans, et 82% des Françaises de moins de 17 ans ont déjà été victimes de ce fléau. Pire encore, 76% des femmes ont déjà été suivies dans la rue et 100% des Françaises ont été harcelées dans les transports en commun.

La journaliste féministe Marine Périn a fait du harcèlement de rue son cheval de bataille. Sur sa chaîne YouTube, elle a dénoncé le harcèlement qu'elle a subi sur son lieu de travail, à la télévision, et demande aux femmes de libérer leur parole, d'oser s'exprimer, parce qu'elle est effrayée qu'elles soient "bâillonnées" comme elle l'a pu être. Le 20 février, elle a pris la parole sur son compte Twitter pour pousser un gros coup de gueule contre un "vieux connard" qui l'a harcelée alors qu'elle faisait du footing avec une amie autour d'un lac. Pourtant, le sport est censé être un moment d'évasion, de paix et de dépassement de soi mais, depuis plusieurs mois, les deux amies croisaient un homme qui ne cessait de leur faire des remarques "de plus en plus libidineuses". L'inconnu pousse même la provocation jusqu'à tirer sa langue et faire des bruits de succion. Au début, elles étaient indifférentes, comme la plupart des femmes, pensant que le harceleur arrêterait de lui-même. Ensuite, elles sont passées à "l’énervement chronique, on lui a crié plusieurs fois d’arrêter. On l’a déjà insulté (pas assez fort)."

Mais la fois de trop est arrivée. "Au troisième tour de lac, à la sixième remarque, j’ai hurlé "Bois mes règles, vieux porc ! Arrête !". Il y avait du monde autour, il a dû se sentir humilié." Marine Périn a continué son footing mais son amie, 10 mètres derrière elle, a également dû subir les attaques du "vieux connard". "Quand il l’a croisée, il lui a CRACHÉ dessus. Elle s’est arrêtée pour le confronter. Courageux mais pas téméraire, il a marmonné "J’ai le droit de cracher" avant de se défiler".

"C’est pas des compliments, c’est un plaisir de domination sadique"

Marine Périn est sans appel, dire à une femme qu'elle est "bonne" n'est pas un compliment. Et non, il ne suffit pas de demander d'arrêter. "On a demandé, ça a pas marché", balance-t-elle. Elle poursuit son récit, dénonçant au passage le comportement sadique, machiste et dominateur des harceleurs de rue : "Ils veulent pas faire des compliments bordel, ils veulent montrer qu’ils dominent. Et si tu te laisses pas faire ? Ils te crachent à la gueule, pour bien te montrer qu’ils te méprisent de toutes façons et qu’ils te voient comment de la viande. C’est le mécanisme du harcèlement. C’est pas des compliments, c’est un plaisir de domination sadique."

Marine Périn © Youtube @Marinette - Femmes et féminisme

Son histoire a suscité un débat auprès des internautes qui lui conseillent d'aller voir la police ou de prendre des cours de self-defense :

En attendant de changer enfin les mentalités, l'association "Stop harcèlement de rue" prévoit un grand rassemblement le 8 mars prochain à l'occasion de la Journée des Femmes dans Paris dans le but de se réapproprier l'espace public.

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